Barthélemy Boganda, né le 4 avril 1910 à Bobangui (Afrique équatoriale française) et mort le 29 mars 1959 près de Bangui, est un homme politique et prêtre catholique centrafricain. Figure majeure du mouvement nationaliste en Afrique centrale, il est considéré comme le père fondateur de la République centrafricaine.
Biographie
Jeunesse et formation
Barthélemy Boganda naît dans une famille modeste à Bobangui, dans le territoire de l’Oubangui-Chari, alors colonie française. Devenu orphelin très jeune à la suite du décès de ses parents dans des conditions liées au régime colonial, il est recueilli et formé par des missionnaires catholiques.
Il suit des études religieuses et est ordonné prêtre catholique en 1938, devenant le premier prêtre centrafricain. Cette formation influence durablement sa pensée, fondée sur la dignité humaine, la justice sociale et la solidarité.
Engagement religieux et social
Dans son ministère, Boganda se distingue par des prises de position critiques envers certaines pratiques coloniales, notamment le travail forcé, les discriminations raciales et l’exploitation économique des populations africaines. Ses interventions publiques et écrits contribuent à faire de lui une figure morale respectée.
Son engagement social et politique croissant le conduit progressivement à s’éloigner de l’exercice pastoral, bien que son action demeure marquée par l’éthique chrétienne.
Débuts politiques
En 1946, Barthélemy Boganda est élu député à l’Assemblée nationale française, représentant l’Oubangui-Chari. Il devient l’un des premiers Africains d’Afrique équatoriale française à siéger au Parlement français.
À Paris, il défend les droits civiques, politiques et sociaux des populations colonisées, plaidant pour une évolution pacifique vers l’autonomie et l’émancipation politique.
Création du MESAN
En 1949, Boganda fonde le Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique noire (MESAN). Le parti devient rapidement la principale force politique du territoire. Son programme repose sur la justice sociale, l’unité nationale, la lutte contre le tribalisme et la promotion du développement économique.
Boganda développe également un projet panafricain ambitieux, celui des « États-Unis de l’Afrique latine », visant à fédérer plusieurs territoires d’Afrique centrale et équatoriale. Ce projet ne se concrétise pas mais marque son influence intellectuelle.
Accession à l’autonomie
À la suite du référendum constitutionnel de 1958, l’Oubangui-Chari devient la République centrafricaine, dotée d’une large autonomie au sein de la Communauté française. Barthélemy Boganda en devient le chef du gouvernement.
Il œuvre à la construction d’un État fondé sur l’unité nationale et adopte une devise qui sera reprise par la République centrafricaine : « Unité, Dignité, Travail ».
Mort
Le 29 mars 1959, Barthélemy Boganda meurt dans un accident d’avion près de Bangui, alors qu’il se rend à une mission politique. Sa disparition intervient quelques mois avant l’indépendance complète du pays, proclamée en 1960.
Les circonstances de l’accident ont donné lieu à diverses hypothèses, sans qu’aucune preuve concluante n’établisse l’existence d’un attentat.
Héritage
Barthélemy Boganda est unanimement reconnu comme une figure fondatrice de la nation centrafricaine. Son image figure sur des monuments, des billets de banque et dans la mémoire collective du pays.
Contrairement à de nombreux dirigeants postcoloniaux, il conserve une réputation largement positive, associée à l’intégrité morale, au patriotisme et à la vision politique.